Lexique

PRISONNIERS DE GUERRE

D’après le C.I.C.R. (Comité International de la Croix Rouge) qui a en charge leur protection,  « les PG sont des membres des forces armées tombées aux mains de la partie adverse. Le statut de PG s’applique uniquement dans les situations de conflit armé international – conflit entre États ». La Troisième Convention de Genève du 12 aout 1949 a établi un cadre juridique solide pour leur protection. L’article 13 de cette convention stipule notamment :

« Les prisonniers de guerre doivent être traités en tout temps avec humanité. Tout acte ou omission illicite de la part de la Puissance détentrice entraînant la mort ou mettant gravement en danger la santé d’un prisonnier de guerre en son pouvoir est interdit et sera considéré comme une grave infraction à la présente Convention. En particulier, aucun prisonnier de guerre ne pourra être soumis à une mutilation physique ou à une expérience médicale ou scientifique de quelque nature qu’elle soit qui ne serait pas justifiée par le traitement médical du prisonnier intéressé et qui ne serait pas dans son intérêt.

Les prisonniers de guerre doivent de même être protégés en tout temps, notamment contre tout acte de violence ou d’intimidation, contre les insultes et la curiosité publique. Les mesures de représailles à leur égard sont interdites ».

LA RELEVE

En mai 42, Fritz Sauckel, officier nazi en charge de la mobilisation de la main d’œuvre au service de l’effort de guerre du Reich, surnommé « le négrier de l’Europe », réclame à la France d’envoyer en Allemagne 250 000 travailleurs de l’industrie dont 150 000 spécialistes, et s’engage en contrepartie de l’envoi de ces spécialistes à libérer 50 000 prisonniers de guerre. Malgré une intense propagande pour recruter des volontaires, seuls 70 000 jeunes français acceptent de partir travailler en Allemagne. Cet échec incitera le gouvernement de Vichy à promulguer dès septembre 42 une loi instituant le principe du Service du travail obligatoire, le fameux STO.

LE STO, Service du Travail Obligatoire

Pour répondre aux exigences allemandes de main d’œuvre, une loi du 4 septembre 1942 rend tous les Français de 18 à 50 ans mobilisables. La faiblesse de ses résultats et de « La Relève » entraînent l’instauration par Laval d’une nouvelle loi du 16 février 1943. Cette loi durcit l’application du STO en modifiant le recrutement : il ne se fait plus selon un critère professionnel mais sur une base démographique. Les réquisitions concernent désormais tous les jeunes nés entre 1920 et 1922. Très impopulaire, le STO a provoqué une hostilité croissante de l’opinion à l’égard de la politique de collaboration, et il a entraîné une partie des réfractaires à s’engager dans la Résistance, en particulier au sein des maquis.

Au total entre juin 1942 et aout 1943, 600 000 hommes partiront travailler en Allemagne dans le cadre de La Relève et du STO et 90 000 prisonniers seront libérés au titre de La Relève.

LE STATUT DE TRAVAILLEUR LIBRE

En 1943, alors que Sauckel exige l’envoi d’un nouveau contingent de 250 000 travailleurs, Laval négocie avec lui, contre l’envoi de jeunes Français en Allemagne, la transformation en « travailleurs libres » d’un nombre équivalent de prisonniers de guerre. Ces PG « transformés » devenaient salariés (au même titre que les salariés allemands), ne portaient plus l’uniforme, avaient une relative liberté de circuler…sous le contrôle de la police. Cette « transformation » était vue favorablement par les Allemands qui espéraient retirer un meilleur rendement de ces travailleurs que des prisonniers et faire des économies dans les Kommandos : moins de prisonniers à loger, à nourrir, à surveiller. Sous la pression constante des Allemands, le nombre de « transformations » a été relativement important : environ 220 000.

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