Stalags IX A - IX B - IX C

Source Carte: AL-Concept

Carte du district militaire IX

Les camps de prisonniers de guerre faisaient partie d’un vaste système de travail forcé. Plus de 80 % des prisonniers de guerre enregistrés étaient affectés à des milliers de commandos de travail dans les villages et les villes environnants, dans l’agriculture, l’artisanat, les ménages privés, les usines et l’industrie, et de plus en plus dans l’industrie de l’armement.

Dans le Wehrkreis IX, (District Militaire IX) qui correspondait à peu près au territoire de l’actuel Land de la Hesse, trois camps de prisonniers de guerre avaient été créés dès le début de la guerre :

  • Le Stalag IX A à Ziegenhain,
  • Le Stalag IX B à Bad Orb,
  • Le Stalag IX C à Bad Sulza.

Le Wehrkreis avait son commandement général à Kassel.

Stalag IX A - Ziegenhain

Ziegenhain signifie le bois des chèvres. Ce Stalag a été construit de toutes pièces sur un terrain de pâturages. Sa construction a commencé dès 1939 par des prisonniers polonais suite à l’invasion de la Pologne du 1er septembre 1939. Lors de l’arrivée des premiers prisonniers de guerre français suite à l’invasion du 10 mai 1940, le Stalag était encore en grande partie constitué de tentes.

Le camp a accueilli, selon les estimations, plus de 300 000 prisonniers de guerre de nombreux pays belligérants : Polonais, Belges, Néerlandais, Britanniques, Italiens, Soviétiques. À partir de 1940, les prisonniers de guerre français ont constitué le groupe le plus important du camp. Parmi eux se trouvait notamment François Mitterrand.

Le camp de prisonniers de guerre était un lieu où régnait une inégalité de traitement systématique. Là où le droit international offrait une protection, le régime nazi imposait son idéologie raciste et ses ordres injustes. Les prisonniers de guerre soviétiques, en particulier, moururent par milliers de faim, de maladie et de mauvais traitements. Leurs tombes se trouvaient dans la forêt, loin de celles des prisonniers d’Europe occidentale, souvent anonymes, dans des fosses communes.

Cette inégalité de traitement et ses conséquences mortelles constituent un thème central du mémorial installé dans l’ancien Corps de Garde depuis 2003.

À la veille de sa libération le 30 mars 1945, 3 000 prisonniers furent évacués vers l’est par une marche forcée de 330 km qui s’est achevée le 16 avril à Thossen. 800 prisonniers étaient restés sur place.

Fait unique, les baraques de ce Stalag existent toujours.

Après la libération du camp de prisonniers de guerre en mars 1945, le site a été réutilisé à plusieurs reprises. D’abord comme camp d’internement par l’armée américaine pour les anciens fonctionnaires nazis, puis comme camp de personnes déplacées pour héberger les Juifs d’Europe de l’Est devenus apatrides, et enfin, à partir de 1948, comme camp de réfugiés pour les personnes déplacées des anciens territoires allemands de l’Est, des commerçants et des artisans qui s’y sont installés, ce qui donna naissance à la commune de Trutzhain en 1951.

Aujourd’hui, Ziegenhain et Trutzhain font désormais partie de la ville de Schwalmstadt.

Construction du camp

TEMOIGNAGE d'un ouvrier allemand ayant participer au tout début de la construction du stalag IX A
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Rapport 3 pages de visite du chantier des baraques en cours de construction du 12 juin 1940 en présence de la Croix Rouge et de l'homme de confiance.

 

Développement du Stalag au fur et à mesure de l’arrivée des prisonniers

Ceux-ci étaient acheminés  en train dans des wagons à bestiaux jusqu’à la gare puis marchaient 6 kms pour atteindre le camp.

Gare de Ziegenhain
Allée centrale du camp IX A
Allée centrale du camp
Prisonniers pressés par les gardes
Intérieur d'une baraque et ses lits superposés
Au début, les tentes
Le mirador
Les gardiens allemands du camp
Une baraque
Les stocks du camp
Plaque matricule des prisonniers
Préparation des "repas"
Livraison des gamelles

Source et crédit photos : Mémorial et Musée de Trutzhain

Stalag IX B - Bad Orb

Camp de Bad Orb - Stalag IX B
Allée principale stalag IX B

Source et crédit photos: Lone Sentry / officier William M Casey/ US Army Signal Operation

Stalag IX C - Bad Sulza

Le choix de Bad Sulza pour y établir un Stalag n’est pas le fait du hasard.

Dès 1933, cette ville a été retenue par le Reich pour y établir un « Konzentrationlager », un camp d’enfermement devenu nécessaire car les prisons de la région de Thuringe devenaient trop petites pour enfermer toutes les personnes arrêtées par la Gestapo : communistes, sociaux- démocrates…juifs. Ce camp sera installé dans un ancien hôtel de cure. Il existera jusqu’au 15 juillet 1937. Devenu à son tour trop exigu il sera fermé. Les détenus seront alors transférés dans le camp de concentration de Buchenwald construit à moins de 30 kilomètres plus à l’ouest sur la colline de l’Ettersberg, près de Weimar.

Situé sur la rive gauche de l’Ilm, charmante petite rivière qui serpente en Thuringe avant de se jeter dans la Saale, le Stalag IX C a d’abord été construit à partir du mois de mars 1940 par   des prisonniers polonais logés dans un camp de toiles situé sur la rive droite de l’Ilm et relié par un pont au futur camp, situé près de la gare du nord. Cette dernière était vitale pour permettre l’acheminement des prisonniers.

En juillet 1940 et selon un rapport d’inspection du Comité international de la Croix-Rouge en date du 7 août, ce camp encore en construction accueille désormais des prisonniers anglais et français.

Seuls demeurent en permanence dans le camp 200 Français et Polonais occupés à la construction du camp. Les autres prisonniers au nombre de 19 900 (1900 Anglais, 13 500 Français et 4 500 Polonais) ont été répartis dans environ 500 Arbeitskommandos (Kommandos de travail)  comprenant de 10 à 400 hommes.

Le camp de Bad Sulza était conçu pour accueillir environ 2 000 prisonniers de guerre. Les différentes nationalités étaient logées séparément dans des baraques conformément à la Convention de Genève. Les baraques contenaient quatre rangées de lits recouverts d’une paillasse de copeaux de bois et superposés sur trois étages et étaient divisées en lieux de vie et de repos. Au bout de chaque baraque se trouvait une buanderie avec des robinets d’eau froide.

La présence d’une prison rappelait en permanence aux prisonniers ce qui les attendait en cas de tentative d’évasion ou de rébellion. Toutefois la vie était rendue à peu près supportable par l’existence d’une cantine, d’une infirmerie, d’une bibliothèque et par les possibilités d’achat de quelques denrées, notamment de cigarettes. Tel n’était pas le cas pour les prisonniers soviétiques, maltraités et soumis à un régime d’une extrême dureté. En mars 1942, 315 prisonniers soviétiques meurent d’une épidémie de typhus.

Lors de la libération du camp par les troupes américaines, le 11 avril 1945, il n’y a plus de prisonniers soviétiques : ont-ils été tués ? Emmenés dans des camps de concentration ? Tous les prisonniers gravement malades ont été transférés à l’hôpital de Ziegenhain, de sorte que la plupart des décès sont survenus à cet endroit et non à Bad-Sulza.

Stalag IX C
Libération du camp en 1945
Libération du camp en 1945
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